Il y a encore peu de temps, ne pas avoir de profil sur un réseau social ressemblait presque à une absence d’Internet. Le profil servait à la fois de carnet d’adresses, de biographie publique, d’album photo, de fil d’actualité et de preuve d’existence : « je suis ici ».

Cette construction commence à se défaire. Pas nécessairement parce que les gens quittent Internet, mais parce que les fonctions autrefois collées au même endroit se séparent. Les conversations privées vivent dans les messageries, le travail dans les systèmes professionnels, les publications sur des plateformes spécialisées, l’information dans la recherche et de plus en plus dans l’IA. On peut vivre intensément en ligne sans entretenir de page sociale publique.

Dans notre modèle, cela correspond remarquablement bien à Uranus en Gémeaux.

Uranus détecte l’incomplétude d’une carte et introduit une distinction pour laquelle l’ancien système ne possédait pas de coordonnée. Les Gémeaux sont le milieu des adresses, des canaux et des parties différenciées. L’ancienne équation

être sur Internet = avoir un profil social

se scinde :

communiquer ≠ publier ≠ lire ≠ travailler ≠ avoir une audience ≠ exposer sa vie privée.

Chaque action peut désormais avoir sa propre adresse. Le profil universel cesse d’être le contenant obligatoire de l’identité.

Neptune en Bélier ajoute un second processus. Neptune permet à un tout d’agir par une présence partielle ; le Bélier transforme cela en acte autonome. Une personne a de moins en moins besoin de maintenir en permanence une image publique cohérente d’elle-même. Elle peut apparaître seulement là où elle agit réellement.

L’ancien modèle :

identité → profil → présence publique continue.

Le nouveau :

identité → acte concret → trace de l’action.

Non plus « regardez ma page pour comprendre qui je suis », mais « regardez ce que j’ai écrit, fait, créé ou lancé ».

L’IA renforce les deux processus. Si un agent peut rassembler l’information provenant de nombreuses sources, un fil social unique cesse d’être une porte d’entrée obligatoire vers l’espace informationnel. Et si la présence d’une personne peut être reconstruite à partir de ses travaux, messages et actions, il devient moins nécessaire d’entretenir en permanence une vitrine publique de soi.

Il ne s’agit donc probablement pas de la fin des réseaux sociaux.

Il s’agit plutôt de la fin de l’époque du profil social obligatoire.

La personne reste en ligne. Ce qui disparaît, c’est la nécessité d’y prouver continuellement sa présence.